« Il ne faut pas avoir peur de se renseigner sur ce que l’on mange »

« Il ne faut pas avoir peur de se renseigner sur ce que l’on mange »

« Il ne faut pas avoir peur de se renseigner
sur ce que l’on mange »

Céline Hess-Halpern a plusieurs professions à son actif: avocate spécialisée en droit de la santé, enseignante et auteur elle est avant tout passionnée par les problématiques liées à l’impacte de l’alimentation sur la santé. Dans son dernier ouvrage, Tout ce qu’on nous fait avaler, elle passe à la loupe les aliments, les labels et même les ustensiles de cuisine. Mais pas question d’être alarmiste, car c’est bien un guide pratique que la jeune femme nous propose ici, afin de changer nos habitudes alimentaires simplement et rapidement.

Vous débutez votre ouvrage en abordant la question des « maladies de civilisation ». De quoi s’agit-il exactement ?

Par maladies de civilisation, il faut comprendre cancer, diabète ou cholestérol par exemple. On est aujourd’hui face à ce paradoxe où la médecine progresse mais où l’on constate parallèlement que ces maladies ne cessent d’augmenter. Pourquoi sommes-nous de plus en plus malades alors que la médecine avance ? Ces maladies concernent presque une personne sur trois, c’est énorme ! Si l’on sait que l’environnement pollué y est pour quelque chose, il faut également être conscient que notre assiette est aussi responsable.

Vous présentez vous-même ce livre comme un guide, pourquoi ?

Avec ce livre, je n’ai pas voulu transmettre un discours alarmiste mais bien répondre à la question : qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Ainsi, j’ai choisi d’être pédagogue et pragmatique, tant par le fond que par la forme. Je commence par définir les polluants de manière très simple et montre ensuite comment les éviter. Si l’on prend l’exemple du papier d’aluminium, on ne cesse de l’utiliser alors que c’est très nocif. J’explique pourquoi et prouve qu’il est simple de trouver des alternatives. L’objectif de ce livre est bien que les lecteurs évitent petit à petit de s’intoxiquer et pour cela, il faut apprendre à bien choisir ce que l’on mange et comment on le mange.

Malgré tout ce que l’on peut entendre à son sujet, vous encouragez les gens à consommer bio au maximum…

Evidemment ! Il y a des aliments qu’il me semble indispensable de consommer bio, comme le beurre par exemple. S’il est issu de l’agriculture biologique, il ne contient ni hormone, ni pesticide. Alors bien sûr il ne s’agit pas d’en manger à foison mais au moins, on ne se met pas en danger lorsqu’on en consomme. Il en va de même pour l’ensemble des produits laitiers ainsi que les fruits et légumes, car ce n’est pas parce qu’ils sont beaux et brillants qu’ils sont bons, bien au contraire ! Il faut absolument avertir les consommateurs, car c’est l’ignorance qui fait que l’on s’empoisonne. Il ne faut pas avoir peur de se renseigner car plus on va avoir de connaissances, plus on sera sûr de nos choix.

Vous êtes avocate de formation, comment en êtes-vous arrivée à l’écriture de ce livre ?

Je suis avocate de formation mais également mère de deux enfants. Donc je suis partie à la fois de mon expérience professionnelle et personnelle pour écrire ce livre. Il y a dix ans, j’ai plaidé en faveurs des victimes du scandale de la vache folle. Cela m’a vraiment traumatisé et j’ai pris conscience de beaucoup de choses. Aujourd’hui, si l’on ne fait pas attention à ce que l’on mange, on peut mourir à cause d’un yaourt ! Le consommateur est trompé et il ne peut pas rester passif dans un supermarché. Après ce procès je me suis mise progressivement à manger bio. J’ai vraiment compris qu’il ne fallait pas prendre notre alimentation à la légère, et c’est le message que j’ai voulu transmettre à travers cet ouvrage.

Comment avez-vous procédé pour écrire ce livre ?

 Cela fait longtemps que je voulais écrire sur le sujet. J’ai donc commencé par lire énormément. Ensuite, je me suis renseignée sur chaque point de façon très précise, qu’il s’agisse des labels, des additifs, de la viande etc. En plus d’appeler des scientifiques, j’ai fait beaucoup de terrain. Je me suis rendue dans des élevages par exemple. Je voulais tout voir, tout tester, tout goûter. Dans ce livre je n’invente rien et mélange mon expérience personnelle avec les statistiques des plus grands scientifiques. Il m’a fallu deux ans pour le rédiger.

Qu’attendez-vous de cet ouvrage ?

J’espère qu’il va faire avancer les choses. On a mis cinquante ans à prendre conscience que le tabac était cancérigène, il faut se réveiller plus vite cette fois. J’espère que ce livre motivera les gens, leur donnera envie de prendre leur alimentation en main. Les grands changements du monde ont été fait à partir d’un seul homme, il ne faut jamais oublier cela.

Pensez-vous que les consciences soient en train d’évoluer en France ?

Cela fait une dizaine d’années que ça change. Même si on n’est pas encore au niveau de l’Allemagne ou du Danemark, ça progresse. Aujourd’hui, c’est de plus en plus simple de faire attention à ce que l’on mange, il suffit d’être motivé et croyez-moi, ça ne coûte pas plus cher. Depuis que je mange mieux, je mange beaucoup moins et ai réduit mon budget alimentation, on est donc gagnant sur toute la ligne.

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