Le savon artisanal… n’aura plus de secret pour vous !

Le savon artisanal… n’aura plus de secret pour vous !

Le savon artisanal… n’aura plus de secret pour vous !

Le savon est le produit d’hygiène de base dont on ne peut se passer. Impossible de ne pas l’avoir chez soi. Un produit à usage courant et répété et dont les marketeurs doublent de génie pour nous vendre des formes et des parfums différents. Sachant la large panoplie d’actifs irritants ou carrément nocifs utilisés dans l’industrie cosmétique, on peut faire un choix alternatif : opter pour du savon artisanal.

Qu’est-ce que le savon artisanal ?

Quand on achète du savon artisanal dont on connaît parfaitement les composants et le processus de fabrication, on est sûr de ce qu’on met sur sa peau et on évite les ingrédients nocifs pour la santé. Le savon artisanal ou fait-maison est basé sur l’utilisation d’ingrédients naturels. Attention également au green wash opéré par certaines marques qui veulent associer l’image de leurs savons industriels classiques à du fait-maison… La fabrication artisanale représente une excellente alternative si l’on a un terrain allergique, notamment chez les enfants. Le savon, utilisé une dizaine de fois par jour au moins, est sans doute source d’allergies et d’irritation s’il contient du triclosan, par exemple, un tensioactif très connu et confirmé -au moins- comme irritant sinon perturbateur endocrinien. Quelles sont les différentes méthodes de la saponification fait maison ? Et quels sont les différents procédés de fabrication ? Voici un résumé de ce que vous devez savoir sur le procédé de saponification fait-maison, une activité très simple et récréative. Les enfants adoreront fabriquer du savon !

Le matériel de base

•Des contenants de diverses tailles pour les mélanges

•Des verres et des bols

•Un récipient pour la pâte à savon.

•Une casserole pour le bain-marie (ou un four

à micro-ondes)

•Des cuillères et des spatules (en bois de préférence)

•Un couteau

•Des moules pour former les savons

•Une balance de cuisine

•Un thermomètre de cuisson

•Et un mixeur plongeur (facultatif)

Le matériel que vous utilisez en saponification ne doit pas être réutilisé pour autre chose si vous n’êtes pas sûre de pouvoir bien le nettoyer. Préférez les contenants en acier inoxydable.

Les ingrédients de base

Des corps gras : ils constituent la base du savon. Selon leur composition en acides gras, ils vont apporter différentes propriétés au savon : dureté, pouvoir moussant, douceur, onctuosité, etc.

De l’eau : pour diluer la soude et permettre à la réaction de se faire correctement.

Des ajouts (additifs) : pour colorer, parfumer, ou donner des propriétés au savon tels que (les huiles essentielles, les beures, les argiles, des fragrances, des micas et oxydes pour colorer, des plantes séchées, des purées des légumes et fruits, du miel, des exfoliants, etc.)

La soude : Hydroxyde de sodium – sous forme solide (pure) ou liquide (diluée dans l’eau). Elle sert à transformer les huiles en savon.

Saponification à froid et saponification à chaud : quelle différence ?

Entrons donc dans le vif du sujet ! La saponification à froid est une manière artisanale pour fabriquer du savon sans chauffer la pâte ( à savon), afin de conserver toutes les propriétés des ingrédients et d’obtenir un savon naturellement riche en glycérine hydratante et assouplissante. Il faut savoir que, dans l’industrie du savon, c’est la saponification à chaud qui est utilisée. On chauffe la pâte à savon jusqu’à 120°C à peu près afin d’accélérer la réaction chimique qui est d’ordinaire plutôt lente. Le souci principal de l’industriel étant de fabriquer de grandes quantités en peu de temps. Les savons industriels sont donc conçus à partir d’huile de palme ou de gras de bœuf auxquels s’ajoutent de nombreux additifs synthétiques: EDTA, propylène glycol, sodium laureth sulfate, chélatants… Le pire, peut-être, dans ces transformations à la chaîne, c’est que le savon est séparé de sa glycérine qui sera vendue séparément pour servir d’ingrédient pour d’autres produits. Un procédé qui permet de faire plus de produits donc et plus de ventes et de bénéfices. La qualité des produits s’en trouve diminuée, et c’est ce qui explique la sécheresse et les démangeaisons, allergies ou irritations de la peau après avoir été lavée au savon. Avec la saponification à froid, on ne chauffe pas la pâte à savon, et cela change tout car à hautes températures la qualité des ingrédients n’est plus la même. Les huiles végétales mais surtout les huiles essentielles sont très sensibles à la chaleur, de même les pigments minéraux ou végétaux, et des actifs comme du miel ou du lait. Chauffer baisse donc considérablement la qualité du produit final, mais permet par ailleurs d’accélérer le processus de fabrication pour produire plus et plus rapidement ! Privilégier la saponification à froid permet de bénéficier des qualités optimales de toutes les huiles et de garder bien intactes leurs propriétés. Il faut noter aussi qu’un savon à froid est souvent « surgras », ce qui signifie qu’une quantité d’huile végétale a été introduite en excès. Ce qui est une bonne chose car, à la fin de la réaction, cet excès reste en suspension dans le savon et sera très bienfaisant pour la peau. Notez également que la glycérine qui se forme naturellement lors de la réaction de saponification est conservée dans le savon à froid et permettra d’hydrater naturellement la peau. Il existe donc une grande différence entre saponification à chaud et saponification à froid. La première vise à produite plus et plus vite, en baissant la qualité, la deuxième laisse faire la nature (qui est déjà si bien faite!) et donne un produit de haute qualité.

Petite histoire du savon

Les Arabes seraient les premiers à avoir découvert la formulation chimique du savon solide: un mélange de cendres de plantes maritimes (de la soude) et un corps gras. C’était au IIème siècle avant J.-C. Par ailleurs, les premières origines du savon remonteraient au Vème siècle avant J.-C où les hommes utilisaient des plantes (la saponaire notamment, en Europe) ou des poudres minérales et de l’eau claire pour se laver.  Les savonneries s’installent et fleurissent à Marseille au IXème siècle et le port de Marseille devient le principal centre de transit de savon et d’autres matières premières et parfums utilisés pour sa fabrication. Une grande histoire est liée au fameux savon de Marseille, particulièrement doux car à base d’huile d’olive et non plus de graisse animale.

Des mesures de protection

Avant de passer à la pratique, vous devez savoir que la manipulation de la soude est dangereuse. En cas de contact avec la peau, elle peut provoquer de graves brûlures, de même qu’en cas d’inhalation, de contact avec les yeux et en cas d’ingestion. D’où l’intérêt de bien vous protéger en prenant les mesures nécessaires : gants, masque, lunettes de protection, et vêtement à manches longues. Veillez aussi à faire attention aux projections lors de la préparation de la pâte et ayez toujours une bouteille de vinaigre blanc à portée de main car il suffit de rincer avec pour éviter les brûlures et toute corrosion.

la recette pour débutant personnaliser son savon

On vous propose de commencer par la personnalisation d’un savon de base. C’est la méthode de refonte de savon, c’est-à-dire l’utilisation du savon déjà prêt que vous allez refondre pour y incorporer les huiles et les parfums que vous désirez.

Ingrédients

  • du savon de base ωde l’eau ou une eau florale, ou un liquide au choix pour faire fondre votre savon de base. ω des huiles végétales riches et/ou précieuses ωdes beurres végétaux au choix. ω des exfoliants naturels (graines de pavot, flocons d’avoine, fleurs…)
  • des huiles essentielles odorantes et de soins, au choix également.
  • des colorants naturels à choisir dans les magasins spécialisés. Vous pouvez ne pas ajouter de colorant, bien sûr.

Le savon de base

Il devra être le plus simple possible, c’est-à dire avec le moins d’ingrédients possible et surtout sans produits chimiques polluants, bien sûr ! L’idéal étant le savon de Marseille, le vrai, celui qu’on trouve en pain de 400 ou 600 grammes dans les boutiques bio,

celui avec 72 % d’huile végétale d’olive. Il devra être assez dur, c’est-à-dire le plus sec possible.

Le liquide

Vous pouvez utiliser :

  • de l’eau –  des hydrolats ou eaux florales – des infusions
  • des jus de fruits ou de légumes – du lait (de vache, de brebis, de chèvre, d’ânesse, de jument, végétal…).

Les exfoliants

  • Flocons d’avoine – Graines de pavot
  • Fleurs de lavande – Café moulu – Farine de maïs – Noix de coco râpée –  … et tout ce qui gratouille sans arracher ! Pour avoir une exfoliation douce, ne pas trop en mettre.

Des colorants naturels

Pour le plaisir des yeux :

Marron : cacao, café, rhassoul, cannelle. Jaune : argile jaune. Orange: jus de carotte, jus de potiron, curcuma, paprika. Vert : ortie, spiruline, argile verte. Rose : argile rose, églantine. Rouge : argile rouge. Bleu : orcanette. Noir : charbon végétal.

Divers

  • Cire d’abeille : va servir à durcir le savon – Miel : puissant hydratant et nourrissant naturel- Fleurs et plantes : pour la déco, et puis aussi pour leurs propriétés (calendula, violette, camomille…) – Extrait de pépins de pamplemousse (epp) : pour la conservation.
  • Matériel  Râpe fine ωSpatule – Casserole ou bain-marie – Divers moules  Papier sulfurisé

Et voici la RECETTE DE BASE du savon à personnaliser selon vos envies !

Il vous faut :

  • 350 g de savon  250 ml de liquide, à ajuster selon les liquides plus ou moins gras (lait…)  3 à 4 CS d’HV (ou de macérât huileux) ou 2 CS d’HV + 1 CS de beurre de karité  1 CS de cire d’abeille
  • 1 CS de colorant naturel (argile, cacao, ortie…) ω 2 CS d’exfoliant (facultatif )
  • 6 gtes d’HE ω 10 gtes d’extrait de pépins de pamplemousse (EPP).

Marche à suivre

1. Peser et mesurer tous les ingrédients indispensables à la recette choisie. 2. Râper le savon avec une râpe très fine et, une fois le savon râpé, le réduire en poudre avec un moulin à café ou un robot ménager adéquat (si on n’ a pas de robot assez puissant, laisser le savon râpé « fondre » doucement toute une nuit dans le liquide choisi). 3. Sinon, diluer le savon en poudre dans le liquide choisi (froid, c’est mieux). On peut mélanger les genres : lait + eau, infusion + lait, infusion + eau… 4. Faire fondre la cire d’abeille dans la ou les huiles végétales et/ou le beurre de karité. 5. Incorporer au mélange « savon + liquide ». 6. Mettre le tout au bain-marie à feu très doux sans cesser de remuer doucement pour éviter la formation de mousse. Il arrive parfois qu’il faille ajuster les dosages de liquide afin d’avoir une texture de savon très homogène. Cela dépend beaucoup de ce qu’on utilise, le lait, par exemple, est très gras et donc plus épais ! 7. Une fois que le mélange est bien homogène, ajouter l’exfoliant et le colorant naturel choisis, et l’extrait de pépins de pamplemousse. Attendre hors du feu que le mélange ait un peu refroidi pour y ajouter les huiles essentielles, puis bien mélanger. 8. Mettre en moule et tapoter les moules sur la table afin que le savon se pose bien partout. 9. Laisser refroidir et mettre au congélateur pendant 3 h. 10. Démouler et laisser sécher sur du papier sulfurisé dans un endroit sec et aéré. 11. Une fois les savons durs, vous pouvez en profiter !

Recette extraite du livre « Mon cahier de sorcière pour devenir irrésistible », interview de l’auteur publiée dans ce numéro pages 28 et 29.

Des sujets qui vous intéressent