Zero phyto, les alternatives écologiques aux pesticides

Use of pesticides against pests and diseases on roses. Studio Photo

Depuis le 1er janvier 2019, il n’est plus possible d’acheter et d’utiliser des produits phytopharmaceutiques pour son jardin.
Le plan Ecophyto vise en effet à réduire de moitié, d’ici 2025, l’usage des pesticides qui constituent une source de pollution de nos eaux, de notre air et de nos terres. Quels sont les produits concernés ? Quelles sont les alternatives pour faire soi-même du Zéro Phyto et réduire son impact sur l’environnement ?

Qu’est-ce que le Zéro Phyto ?

Si les produits phytosanitaires, produits phytopharmaceutiques ou pesticides sont utilisés par des millions d’agriculteurs – et de jardiniers amateurs – à travers le monde pour assurer un meilleur rendement de leur production, ils ont surtout prouvé leur dangerosité pour l’environnement. Depuis plusieurs années, les études scientifiques se multiplient pour tirer la sonnette d’alarme quant aux effets néfastes provoqués par les pesticides sur environnement et la santé de l’Homme.

Aujourd’hui, les défenseurs de l’écologie ont vu une partie de leurs idées passer de l’utopie à la réalité : en France, depuis le 1er janvier 2019, il est interdit d’utiliser des produits phytosanitaires aussi bien par les particuliers (jardins, balcon, terrasses, etc.) que par les collectivités locales et établissements publics (voiries, espaces, verts, forêts, promenades ouvertes au public, etc.).

Si vous aviez l’habitude d’utiliser ces produits pour les plantes de votre jardin, oubliez-les car ils appartiennent désormais au passé. Aujourd’hui, notre objectif à tous est de respecter notre environnement en limitant le plus possible notre empreinte écologique.

À l’image des nombreuses villes françaises ayant tourné la page avant la loi « Labbé », passez vous aussi au Zéro Phyto ! 

Que faire de vos pesticides ?

Vous faites peut-être partie des jardiniers amateurs possédant encore des produits phytosanitaires tels que des insecticides, herbicides, biocides ou fongicides. Dans ce cas, ne commettez surtout pas l’erreur de les déverser dans les canalisations ou de jeter l’emballage à la poubelle. Rapportez plutôt en point de collecte temporaire ou en déchèterie vos bouteilles, bidons, flacons et autres contenants, vides ou avec un reste de produit.

Comment pratiquer le Zero Phyto à son échelle ?

Dans nos jardins, il est possible de lutter contre les nuisibles en utilisant des alternatives naturelles aux produits phytosanitaires chimiques. 

  • Le compostage

En termes de recyclage, le compostage de ses déchets reste l’une des manières les plus intéressantes. Composter les restes de nourriture ou d’épluchures permet ainsi d’éviter de les jeter à la poubelle et de les transformer petit à petit en terreau et engrais biologiques. Il faudra juste veiller à avoir ce réflexe de garder les déchets de jardin, comme les tontes de gazon et les résidus de désherbage – en revanche, pas de résidus de taille des rosiers pour éviter les maladies –ainsi que les déchets de cuisine, comme les épluchures de fruits et légumes, les coquilles d’œuf, le marc de café ou le pain. Les restes de fromage et les agrumes sont à mettre en quantité réduite ; la viande, le poisson, l’huile et les os sont quant eux à éviter.

  •  Le paillage

En été, les besoin des plantes en eau augmentent ; en hiver, certains végétaux ne résistent pas au gel ou en-dessous d’une certaine température. En plaçant un paillis fait de restes de tontes de gazon, de broyât de branches ou d’écorces sur un sol ou autour des plantes, les pertes d’humidité sont réduites, la fraîcheur est gardée plus longtemps en été et la prolifération des mauvaises herbes est grandement limitée. Résultats : les arrosages sont beaucoup moins fréquents durant la saison estivale, le sol est plus souple et la formation d’humus est facilitée.

  • Le binage

En binant le sol, l’évaporation à son niveau est limitée, ce qui permet d’espacer les périodes d’arrosage. Un geste écologique puisque l’utilisation de l’eau est fortement réduite. Le binage à l’aide d’une binette ou d’un sarcloir permet également d’aérer le sol lorsqu’il est trop compact et de supprimer les adventices.

  • Le bon choix des plantes

Pour donner le meilleur d’elle-même, une plante doit pousser dans des conditions idéales. Choisissez-en donc une en fonction de son climat d’origine, de la période de semis/plantation, du lieu de plantation au jardin. Son rendu est forcément meilleur et son entretien moindre. Pensez également à cultiver des plantes les unes à côté des autres pour qu’elles s’offrent des bénéfices mutuels.

  •  Le désherbage non chimique

Eau, vinaigre, sel, etc. : de nombreux jardiniers amateurs ont depuis longtemps adopté le désherbage écologique. Pour se débarrasser des mauvaises herbes, il existe plusieurs recettes à base d’éléments naturels et accessibles à tous. On peut par exemple utiliser l’eau de cuisson des pommes de terre bouillante ou encore une préparation à base d’eau, de vinaigre et de sel. Dans ce cas, il suffit de mélanger 1 kg de sel iodé à 5 l d’eau et 200 ml de vinaigre blanc et de vaporiser les mauvaises herbes.

  • Lutter naturellement contre pucerons et limaces

Pour éloigner les limaces de vos plantations, il suffit tout simplement de placer au pied un verre rempli de bière diluée dans de l’eau. Attirés par l’odeur de la bière, ces insectes se précipiteront dans le verre avant d’y être piégés. La cendre, la sciure de bois, le marc de café ou le sable feront également l’affaire en étant placés autour des plantes.

Les pucerons, grands ennemis des jardiniers, peuvent décimer des cultures entières – arbres fruitiers, rosiers, etc. en un rien de temps. Chaîne alimentaire oblige, les pucerons ont eux-mêmes un ennemi : la coccinelle. Cet insecte aphidiphage est en effet particulièrement friand d’aphidiens dont les pucerons et autres ravageurs de cultures – font partie. Vous en trouverez en jardineries et animaleries sous forme d’œufs ou jeunes larves qu’il faudra déposer sur les plantes parasitées.

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