Les perturbateurs endocriniens en question

Les perturbateurs endocriniens en question

Les perturbateurs endocriniens en question

Un mot un peu barbare pour qualifier des substances qui viennent perturber l’équilibre hormonal de l’organisme. Qu’est ce que l’équilibre hormonal et quelle importance pour la santé ? Qu’est ce que les perturbateurs endocriniens et quel est leur impact sur la santé ?

Qu’est ce que les perturbateurs endocriniens ?

Un perturbateur endocrinien est une molécule qui peut agir de différentes manières :

  1. Mimer l’action d’une hormone en présentant une structure moléculaire similaire à celle d’une hormone naturelle. C’est le cas du bisphénol A.
  2. Bloquer l’action d’une hormone en saturant son récepteur.
  3. Interférer avec l’action de l’hormone, et perturber son fonctionnement.

Le problème avec ces substances c’est qu’elles peuvent agir à très petites doses, exactement comme les hormones. Le deuxième problème est celui de la difficulté de prouver les effets néfastes, car ceux-ci peuvent s’étaler dans le temps pour aller toucher la génération suivante. Ils peuvent aussi tout simplement être impossibles à isoler, du fait de l’impossibilité de mener des enquêtes pouvant prouver l’effet de telle molécule (le bisphénol A par exemple) sur les individus. Car nous vivons dans un environnement tellement pollué. Et ce n’est pas la pollution la plus visible (pollution de l’air dans les grandes villes notamment) qui est la plus dangereuse, c’est celle invisible qui l’est. Celle qui est dans les produits cosmétiques que les millions de femmes utilisent quotidiennement. Celle qui est dans les produits ménagers d’usage quotidien. Celle qui est dans la nourriture industrielle qui remplit nos hypermarchés, etc.

Perturbateurs endocriniens et cancers

Il faut savoir que les cancers féminins sont dits des cancers hormono-dépendants, et qu’ils représentent environ le quart des cas de cancers. Les perturbateurs endocriniens sont effectivement pointés du doigt pour expliquer la hausse du nombre de cancers hormono-dépendants, principalement les cancers du sein et ceux de la prostate.

La nourriture industrielle

Il faut savoir que le traitement industriel de la nourriture, les multiples transformations opérées sur la nourriture que nous avalons, colorants, exhausteurs de goût, etc….produisent un nombre infini de « nouvelles » molécules. Des molécules que l’on connait donc pas, ou mal. On ne connait pas leurs effets sur notre métabolisme. Ce que l’on sait par contre c’est que toutes ces molécules « nouvelles » ne sont pas sans danger pour notre santé. L’effet de perturbation de l’équilibre hormonal n’est en effet pas le plus visible, mais c’est un des plus insidieux et graves.
Un des exemples les plus courants de ces perturbateurs qui peuvent être présents dans vos placards de cuisine : les phtalates. Les phtalates entrent notamment dans la composition des pâtes à tartiner au chocolat. Une grande marque qui est connue pour ne pas mettre de conservateurs dans ses produits est pointée du doigt à cause des fameux phtalates. Elle annonce publiquement que « Le Nutella ne contient pas de phtalates dans sa composition, ni dans son emballage ». Mais l’annonce est très critiquée, car c’est sur les doses que la polémique s’installe. Et en matière de perturbateurs endocriniens, tout le problème est justement dans la dose ! Même en si petites quantités, ces substances agissent sur notre système hormonal…

Le rapport qui appelle l’UE à une action rapide

 Un rapport d’information de la commission des affaires européennes sur la Stratégie européenne sur les Perturbateurs Endocriniens (PE) de l’Assemblée Nationale est apparu le 26 février dernier et présenté à l’AN par M. Jean-Louis Roumégas, Député. Il rappelle les enjeux sanitaires importants que font peser les PE sur la santé publique et le coût financier considérable qu’aurait l’absence d’action publique dans ce domaine. Il appelle l’Europe à publier rapidement une nouvelle stratégie d’ensemble sur les PE pour relancer l’action publique dans ce domaine. Il juge indispensable que l’Union Européenne se dote au plus vite d’une définition unique des PE, fondée sur le critère de danger intrinsèque, et non sur la notion de puissance, mise en avant par l’industrie.
le BPA est remplacé par une autre substance, le bisphénol S, BPS. Utilisé notamment dans les contenants alimentaires. Mais celui-ci semble être aussi perturbateur endocrinien… Une étude parue en 2012 a révélé que les concentrations de BPS contenues dans les urines d’individus de différents pays du monde étaient en augmentation. Un cercle vicieux, on ne sait toujours pas remplacer les substances toxiques dont nos modes de vie semblent si dépendants.

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